Mobilité en baisse : comment adapter votre recrutement en 2026
38% des professionnels envisagent de changer d'employeur en 2026, contre plus de 50% en 2023. Pour les recruteurs, c'est le signal d'un changement de méthode.

38%. C'est la part des professionnels qui envisagent encore de changer d'employeur en 2026. Il y a trois ans, ils étaient plus d'un sur deux. Pour un recruteur, ce chiffre n'est pas juste une statistique dans un rapport : c'est le nombre de CV qui n'arrivent plus dans sa boîte mail le lundi matin.
On a tous connu les années post-Covid où les candidatures tombaient, où les profils bougeaient, où le marché était en mouvement. Cette période est terminée.
Ce que disent vraiment les chiffres
Les données INSEE/Dares sont nettes : en 2024, 15,9% des salariés du privé ont quitté leur employeur. C'est 2,4 points de moins qu'en 2023, et ça ramène la mobilité sous son niveau d'avant la pandémie. La tendance touche toutes les catégories de salariés, sans exception.
Le plus frappant, c'est le paradoxe. L'envie de bouger, elle, ne baisse pas. Les salariés veulent encore changer, mais ils ne le font plus. Pourquoi ? Parce que changer d'entreprise en 2026, c'est prendre un risque dans un contexte où le chômage remonte et où les augmentations de salaire sont plus généreuses pour ceux qui restent que pour ceux qui partent. C'est comme vouloir déménager dans un quartier mieux placé, mais constater que les loyers ont explosé : le désir est là, la décision ne suit pas.
Chez les 45-65 ans, seulement 24% se disent ouverts a une nouvelle opportunite. Chez les 18-34 ans, on est encore a 54%, mais la tendance est a la baisse partout.
Le "post & pray" touche ses limites
Pendant des années, recruter revenait souvent au même schéma : rédiger une annonce, la diffuser sur quelques jobboards, et trier les CV qui arrivent. Quand le marché bouge, ça fonctionne. Quand les candidats se figent, ce réflexe devient un piège.
Publier une annonce et attendre, c'est comme ouvrir un magasin dans une rue déserte en espérant que les clients viendront quand même. Si vos candidats ne cherchent plus activement, ils ne verront même pas votre offre. Et pendant ce temps, le poste reste ouvert, l'équipe compense, et le coût du non-recrutement s'accumule.
La réalité de 2026, c'est que les meilleurs profils pour votre poste sont déjà en emploi. Ils ne scrollent pas les offres le dimanche soir. Ils ne sont pas sur les jobboards. Ils sont, en revanche, peut-être déjà dans votre ATS.
Votre vivier : la mine d'or que vous ignorez
On en parle depuis des années, mais rares sont les recruteurs qui exploitent vraiment leur vivier de candidats. Ce réservoir de profils accumulés au fil des recrutements précédents, c'est pourtant l'arme la plus efficace quand le marché se contracte.
Prenons un exemple concret. Marie, recruteuse dans une ETI industrielle, doit pourvoir un poste de responsable qualité. Elle a recruté pour le même profil il y a huit mois. Dans son ATS, elle retrouve trois finalistes qui n'avaient pas été retenus, non pas par manque de compétences, mais parce qu'un autre candidat correspondait mieux. L'un d'eux est toujours en poste, toujours pertinent. Un message, un échange, un recrutement bouclé en deux semaines au lieu de six.
Ce scénario n'a rien d'exceptionnel. Il suppose juste un ATS correctement alimenté et un réflexe de recherche interne avant de publier en externe. Chez nos clients, ceux qui cherchent d'abord dans leur vivier avant de diffuser une annonce réduisent leur délai de recrutement de 30 à 40%.
Du tri de CV au nurturing de talents
Le changement de méthode est simple à comprendre, moins simple à appliquer. Il s'agit de passer d'un ATS-entonnoir (beaucoup de CV entrent, on filtre, on en garde un) à un ATS-relationnel (on cultive une relation avec des profils qualifiés dans la durée).
Concrètement, ça signifie :
Taguer et qualifier chaque candidat qui passe dans votre processus, même ceux que vous ne retenez pas. Un "non" aujourd'hui peut devenir un "oui" dans six mois.
Réactiver régulièrement votre base. Pas avec des emails génériques, mais avec des messages ciblés. "Un poste similaire à celui pour lequel vous aviez postulé s'ouvre, ça vous intéresse ?" est plus efficace que n'importe quelle annonce sur un jobboard.
Pensez aux anciens finalistes vous aviez mené un recrutement il y a 1 an et vous avez aujourd'hui un besoin similaire. Vous aviez recruté le bon candidat parmi 4 finalistes. Votre ATS vous permet normalement de retrouver et contacter en 2 clics ces finalistes. Oui, c'était il y a 1 an, mais ce sont 20 secondes pour tenter sa chance. Et comme on le sait, 100 % des gagnants ont tenté leur chance 😉.
Les limites à ne pas oublier
Le vivier n'est pas une solution miracle. Un vivier mal entretenu, c'est un cimetière de CV : des données obsolètes, des consentements RGPD expirés, des profils qui ont changé de métier depuis. Si votre base n'est pas vivante, elle ne vaut rien.
Il faut aussi être honnête : tous les postes ne se prêtent pas à la réactivation de vivier. Un profil rare dans un secteur de niche, vous ne l'aurez probablement pas déjà en base. Le sourcing proactif sur les réseaux professionnels reste nécessaire, en complément.
L'exercice du lundi matin
Avant de publier votre prochaine annonce, faites le test. Ouvrez votre ATS. Tapez le mot-clé du poste que vous cherchez à pourvoir. Regardez combien de profils pertinents dorment déjà dans votre base. Si vous en trouvez trois ou plus, commencez par eux.
Chez JobAffinity, on a conçu la recherche dans le vivier pour que cette opération prenne moins de deux minutes. Filtrer par mots-clés, par vivier, par localisation, par date de dernière interaction. Parce qu'on sait que dans un marché où les candidats ne viennent plus à vous, c'est à vous d'aller les chercher. Et souvent, ils sont déjà là.


